Son Excellence le Secrétaire général souligne l’importance de préserver la famille face aux grandes mutations
2 September، 2026

Son Excellence le professeur Dr Koutoub Moustapha Sano, Secrétaire général de l’Académie Internationale du Fiqh Islamique, a participé à la Conférence mondiale intitulée « Les défis familiaux à l’ère des grandes mutations », tenue au Caire les 2 et 3 septembre 2026.

À l’ouverture de la conférence, Son Excellence a prononcé une allocution consacrée à la place de la famille, à son rôle dans la stabilité de la société et aux défis croissants auxquels elle est confrontée dans un contexte marqué par des mutations rapides et profondes.

En préambule, le Secrétaire général a transmis aux participants les salutations des membres et des experts de l’Académie. Il a rappelé le rôle de l’Académie dans l’élaboration des avis et orientations de la charia relatifs aux questions contemporaines, soulignant l’importance de cette conférence pour approfondir la réflexion sur les défis auxquels la famille est confrontée.

Il a également exprimé sa profonde gratitude à Son Excellence le président Abdel Fattah Al-Sissi, Président de la République arabe d’Égypte, pour le patronage accordé à la conférence, ainsi qu’à Son Excellence le professeur Oussama Al-Sayed Mahmoud Al-Azhari, ministre des Waqfs, à Son Excellence le professeur Nazir Mohamed Ayyad, Grand Mufti de la République arabe d’Égypte, et aux organisateurs de la conférence.

Il a salué les efforts déployés pour préparer cet événement, la pertinence du thème retenu, ainsi que le riche patrimoine scientifique et civilisationnel de l’Égypte et la place éminente d’Al-Azhar Al-Sharif dans le domaine du savoir.

Le Secrétaire général a souligné le rôle fondamental de la famille dans la formation de l’être humain, l’édification de la société et la stabilité des nations. Il a déclaré :

« Parler de la famille, ce n’est ni évoquer une affaire privée, ni traiter une question sociale passagère, ni aborder un enjeu isolé de la société. C’est parler de l’être humain, de son identité, de sa dignité et de ses valeurs ; c’est aussi parler de la nation, de sa sécurité, de sa cohésion et de son essor. »

Il a ajouté que « la famille est la première institution que l’humanité ait connue » et que « c’est en son sein que se construit l’être humain ; de sa cohésion, la société tire la sienne, et de sa stabilité, la nation puise sa sécurité et son équilibre ».

Abordant les défis actuels, Son Excellence a relevé leur caractère complexe, interdépendant et évolutif. Il a notamment cité la hausse des taux de divorce, les conflits conjugaux et les violences intrafamiliales, le recul de l’âge du mariage et l’augmentation de son coût, les pressions économiques, les difficultés liées aux conditions de vie et au logement, l’affaiblissement de la fonction éducative de la famille et l’élargissement du fossé entre les générations.

Il a particulièrement attiré l’attention sur « le transfert d’une grande part de la formation de la conscience et des valeurs, des parents et des enseignants vers les médias, les plateformes numériques, les influenceurs et les algorithmes ».

Ces évolutions s’inscrivent dans un ensemble plus large de transformations axiologiques, culturelles, sociales, économiques, numériques et technologiques. Le Secrétaire général a souligné l’impact croissant des réseaux sociaux, de l’intelligence artificielle et de l’espace numérique sur les conceptions de la famille, de l’être humain, de l’identité, de l’éducation et des relations sociales.

Face à ces transformations, il a estimé que la réponse ne saurait consister à chercher à les arrêter, mais qu’il convient de les accompagner, de les encadrer et d’en gérer les effets avec discernement et responsabilité. Il a précisé : « Une gestion consciente et responsable est possible ; elle constitue même un devoir religieux, une nécessité contemporaine et un intérêt temporel. »

Il a appelé, à cet égard, à « une gestion qui mette à profit les possibilités offertes, limite les risques et empêche que ces mutations ne portent atteinte aux principes fondamentaux sur lesquels reposent la stabilité de l’être humain, de la famille et de la société ».

Il a également souligné que la prise en charge des défis familiaux doit s’appuyer sur les finalités fondamentales de la famille, notamment la quiétude, l’affection et la miséricorde.

Dans cette perspective, Son Excellence a appelé à renouveler l’approche des questions familiales, en passant « de la réaction à l’anticipation et à la prévention ; du traitement des conséquences à celui des causes ; du diagnostic des problèmes à l’élaboration de solutions ; et de la théorie abstraite à des politiques, programmes et initiatives susceptibles d’être mis en œuvre, mesurés et évalués ».

Il a notamment préconisé de faciliter le mariage, de mieux préparer les futurs époux, de renforcer le rôle éducatif des parents, de promouvoir une culture familiale numérique éclairée et de développer les institutions de conseil, de réconciliation et de médiation familiale, ainsi que les politiques de soutien à la famille.

Le Secrétaire général a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une approche interdisciplinaire, fondée sur la complémentarité entre les sciences de la charia, la psychologie, la sociologie, les sciences de l’éducation, l’économie, le droit et les technologies.

Il a expliqué qu’« un problème complexe ne saurait être traité par une seule discipline, une seule institution ou un seul discours ».

Il a également mis en garde contre le risque de voir la famille devenir « une simple réceptrice des mutations, plutôt qu’une actrice de leur orientation ; qu’elle passe du statut de productrice de valeurs à celui de consommatrice ; et de foyer de la conscience à un espace disputé par les plateformes et les algorithmes ».

L’objectif, a-t-il souligné, est de promouvoir « une famille consciente des réalités de son époque, solidement ancrée dans ses valeurs, souple dans ses moyens et équilibrée dans ses relations ».

Réaffirmant la vision de l’Académie dans le domaine des questions familiales, Son Excellence a déclaré : « À l’Académie Internationale du Fiqh Islamique, nous avons toujours appelé, nous appelons encore et nous continuerons d’appeler à passer d’un fiqh centré sur le traitement des crises familiales à un fiqh fondé sur l’édification de la famille selon de solides principes divins ; d’une culture de l’intervention après la désagrégation à une culture de prévention de la rupture et de l’effondrement ; et d’un ijtihad individuel limité sur les questions familiales à un ijtihad collectif, institutionnel et intégré. »

Il a également appelé à dépasser le simple diagnostic des défis et des problématiques pour passer à l’élaboration d’initiatives, de politiques et de programmes concrets, susceptibles d’être mis en œuvre, suivis et évalués.

En conclusion, Son Excellence a évoqué la situation tragique de la famille palestinienne, confrontée aux meurtres, aux déplacements forcés et aux destructions. Il a renouvelé son appel : « à nos éminents dirigeants, à nos savants estimés et à nos peuples fidèles, afin qu’ils déploient tous les efforts légitimes pour lui porter secours, soutenir sa résilience et protéger son droit à la vie, à la sécurité, à la dignité et à la pérennité. »

Son Excellence a enfin exprimé l’espoir que la conférence aboutisse à des recommandations concrètes et à des initiatives novatrices contribuant à préserver la famille, à renforcer sa cohésion et à lui permettre de continuer à jouer pleinement son rôle dans la formation de l’être humain et la construction de l’avenir.

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