
Son Excellence le professeur Dr Koutoub Moustapha Sano, Secrétaire général de l’Académie Internationale du Fiqh Islamique (IIFA), a affirmé que la violence, sous toutes ses formes et manifestations, est interdite en islam. Il a souligné que les interprétations invoquées pour justifier la violence à l’égard des femmes trouvent leur origine dans une lecture fragmentaire de certains textes religieux, détachée de leur contexte et de leurs finalités.
Cette déclaration a été faite lors de l’allocution prononcée par Son Excellence à l’ouverture du colloque international « Le rôle des dirigeants religieux dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes », organisé le 7 septembre 2026 à Djeddah par l’Académie Internationale du Fiqh Islamique, en coopération avec la Ligue islamique mondiale.
Le Secrétaire général a indiqué que ce colloque s’inscrit dans le cadre des efforts visant à approfondir la sensibilisation aux questions relatives aux femmes et à corriger les conceptions erronées qui entourent leur statut et leurs droits, en particulier celles liées à la violence.
Il a réaffirmé que l’islam interdit toute forme de préjudice à l’égard de la femme, qu’elle soit mère, fille, sœur ou épouse, soulignant que sa protection et la préservation de sa dignité constituent des principes fondamentaux de l’enseignement islamique.
Son Excellence a expliqué que la violence englobe notamment la dureté excessive, la maltraitance et toute forme de préjudice, autant de comportements contraires à la fitrah, la nature originelle selon laquelle Allah a créé l’être humain.
Il a ajouté que toute agression contre une femme — qu’il s’agisse de coups, d’insultes, de préjudices ou d’exploitation — constitue une atteinte à la dignité humaine dont Allah a honoré les enfants d’Adam.
Le Secrétaire général a insisté sur la nécessité de lire les textes coraniques relatifs aux femmes dans leur contexte global, sans les isoler de ce qui les précède et de ce qui les suit, ni les interpréter indépendamment de leurs finalités.
Abordant la question du « frappement » évoquée dans certains textes, il a souligné que celle-ci ne saurait être invoquée pour légitimer la violence ou les atteintes physiques.
Il a précisé que l’expression « frappement non violent » (ad-darb ghayr al-mubarrِh) ne peut être comprise comme autorisant à causer une douleur, une blessure ou une fracture, ni à laisser une marque sur le corps. Il a également rappelé qu’elle ne doit en aucun cas concerner le visage, entraîner une humiliation ou conduire à une quelconque forme de mutilation ou de défiguration.
Son Excellence a mis en garde contre l’instrumentalisation de certains textes religieux lorsqu’ils sont détachés de leur contexte et de leurs finalités. Une telle approche, a-t-il souligné, porte préjudice non seulement aux femmes, mais également à la compréhension authentique de l’islam et de la tradition prophétique.
Il a rappelé que le Prophète Muhammad ﷺ représente un modèle de miséricorde, de compassion et de bienveillance, et qu’il n’a jamais frappé une femme. Il a déclaré :
« Prendre le Prophète ﷺ pour modèle exige de s’en tenir à sa voie de miséricorde, de compassion et de bon comportement. »
Le Secrétaire général a souligné que la femme victime de violence demeure une mère, une sœur, une fille ou une épouse, rappelant que le respect de sa dignité et sa protection constituent une responsabilité à la fois morale, religieuse et humaine.
Il a également rappelé la parole du Prophète ﷺ :
« Nul d’entre vous ne sera véritablement croyant tant qu’il n’aimera pas pour son frère ce qu’il aime pour lui-même. »
Il a souligné que ce principe constitue un fondement essentiel du bon comportement, de la solidarité et du respect de la dignité humaine.
Le colloque, a-t-il expliqué, vise notamment à corriger les conceptions erronées, à réaffirmer la position claire de l’islam contre toute forme de violence à l’égard des femmes et à mettre en évidence les erreurs d’interprétation qui ont contribué à entretenir la confusion autour de cette question.
Son Excellence a par ailleurs appelé à lutter contre toutes les pratiques susceptibles d’avilir la dignité de la femme ou de lui causer un préjudice. Il a souligné que les conséquences de la violence dépassent la victime elle-même et affectent la famille et la société dans son ensemble.
La violence peut ainsi contribuer à la déstabilisation de la famille, affecter l’éducation des enfants et fragiliser la cohésion, la sécurité et la stabilité de la société.
En conclusion, le Secrétaire général de l’Académie Internationale du Fiqh Islamique a réaffirmé que l’islam a consacré la préservation de la dignité de la femme et sa protection contre toute forme de préjudice. Il a appelé à renouveler les approches de la sensibilisation religieuse, à corriger les conceptions erronées et à promouvoir une compréhension éclairée des enseignements de l’islam, afin de contribuer à la protection de la famille et à l’enracinement des valeurs de miséricorde, de respect et de bienveillance.
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