Approbation et éloge de la déclaration de l’Assemblée générale des Nations unies du 15 mars comme Journée internationale de lutte contre l’islamophobie
21 mars، 2022

Louange à Allah, le Seigneur des mondes, et que les bénédictions et la paix soient sur Son Noble Messager, sa famille, ses compagnons et tous ceux qui ont suivi son chemin et adhéré à sa guidance jusqu’au Jour du Jugement.

En tant que référence mondiale pour les États membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et les communautés musulmanes du monde entier en matière de fiqh, l’Académie internationale du Fiqh islamique (AIFI) est ravie d’approuver et de saluer chaleureusement l’adoption à l’unanimité par l’Assemblée générale des Nations unies d’une résolution historique proclamant le 15 mars de chaque année « Journée internationale de lutte contre l’islamophobie », qui désigne le phénomène d’intimidation à l’encontre de l’Islam et des musulmans.

Le Secrétariat Général de l’AIFI apprécie hautement cette importante résolution internationale à ce stade difficile de l’histoire des relations entre les adeptes de différentes religions en raison de la déformation de ces dernières par les fanatiques, de leur mauvaise interprétation par les ignorants et du plagiat par les personnes non qualifiées.

Le Secrétariat Général de l’AIFI réaffirme l’importance cruciale de renforcer, d’unifier et d’intégrer les efforts scientifiques, intellectuels, culturels, sociaux et politiques des sages, des savants, des intellectuels, des décideurs et des influenceurs de l’opinion publique du monde entier afin de promouvoir et de diffuser une culture de dialogue, de tolérance, de coexistence, d’acceptation de l’autre, de respect des religions et des symboles religieux, de protection des libertés publiques et des droits de l’homme, et de rejet de toute forme de violence, d’extrémisme, d’intolérance et de terrorisme.

Le Secrétariat Général de l’AIFI souhaite saisir cette occasion pour exprimer ses chaleureux remerciements et sa reconnaissance à tous les États, organisations et associations qui ont soutenu cette résolution historique à l’Assemblée générale des Nations unies. Le Secrétariat Général rend un hommage particulier à la République islamique du Pakistan pour avoir lancé cette précieuse initiative, ainsi que pour ses efforts fructueux et son engagement auprès des pays et organisations islamiques et pairs qui visent à promouvoir la paix et l’harmonie, le dialogue civilisé et la communication constructive entre les adeptes des différentes religions et confessions ; comme en témoigne leur soutien précoce au projet de résolution.

Le Secrétariat Général de l’AIFI saisit également cette occasion pour republier sa résolution n. 166/4/18, publiée par le Conseil de l’AIFI lors de sa 18ème session à Putrajaya, Malaisie, le 29 Joumada al-Akhira 1428 (14 juillet 2007), face à ce phénomène qui a conduit à des vagues de haine et d’aversion envers l’Islam et les musulmans, et à des pressions sur les communautés musulmanes dans de nombreux pays en raison de malentendus historiques accumulés et de déformations médiatiques, ainsi qu’à un véritable échec de la part des musulmans en général à transmettre les principes brillants, les hautes valeurs, les idéaux et les enseignements tolérants et éclairés de l’Islam.

Le texte qui suit est extrait de la résolution de l’AIFI susmentionnée, dont nous pensons que celle-ci a réalisé une partie importante :

Premièrement : Il importe d’endiguer ce phénomène au moyen d’une stratégie exhaustive qui sera adoptée par tous les pays musulmans, les organisations islamiques internationales et les organisations représentatives des Musulmans à l’étranger. Cette stratégie comporterait un ensemble de mécanismes et de mesures soigneusement conçus. Elle couvrira tous les volets et aspects médiatiques, politiques et socioéconomiques. De surcroît, elle devra élaborer un message médiatique clair dans le but de faire connaitre la religion islamique et les faits, principes et nobles valeurs consubstantiels à cette religion. Le message en question sera alors diffusé par le biais des différents médias et sur l’Internet, en collaboration avec les entreprises de presse les plus influentes.

Deuxièmement : Nécessité d’établir une coordination et une concertation permanentes entre les pays musulmans et les organisations islamiques internationales en vue de prendre les décisions appropriées et d’engager les action requises pour répondre aux campagnes visant à semer le doute et à dénigrer la Oumma islamique et ses symboles.

Troisièmement : Inviter la communauté internationale à se solidariser avec la Oumma islamique et à coopérer avec elle pour repousser ces attaques haineuses lancées contre l’Islam et les Musulmans, promouvoir la culture de l’amitié et de la solidarité entre les nations, bannir la haine et la violence et coopérer au service de l’humanité.

Quatrièmement : Inviter les communautés musulmanes extra-muros à jouer le rôle d’Ambassadeurs de la paix, à faire parvenir le message authentique et pur de l’Islam à tous les peuples et à toutes les nations, à bannir les pratiques dommageables à l’image de l’Islam et à respecter scrupuleusement les valeurs et principes de l’Islam. L’Académie invite également les pays musulmans à accorder toute l’assistance requise à ces communautés musulmanes pour parfaire leur connaissance de l’Islam et les tenir informées des développements de l’actualité dans le monde musulman. Des instances spéciales pourraient en outre être créées dans le but de resserrer les liens entre ces communautés et la Oumma islamique.

Cinquièmement : Dresser un répertoire complet de tous les écrits et publications traitant de ce phénomène et inciter les intellectuels musulmans maîtrisant les langues vivantes à établir le dialogue et à ouvrir un débat avec les autres en vue de redresser l’image tronquée de l’Islam et des Musulmans à l’intérieur et l’extérieur des pays musulmans.

Sixièmement : Donner une formation avancée dans les langues étrangères aux prédicateurs envoyés dans les pays non musulmans pour les habiliter à présenter les aspects conceptuels et pratiques de l’Islam en en donnant eux-mêmes l’exemple vivant par l’attitude, le comportement et la relation avec autrui. Les institutions de formation des prédicateurs préexistantes pourraient être encouragées à accomplir cette tâche, ou à défaut, de nouvelles institutions pourraient être créées à cette fin.

Septièmement : Etablir les relations avec l’autre sur le respect mutuel et la diffusion du message immaculé de l’Islam tout en mettant l’accent, dans les programmes de l’enseignement, sur l’impératif de compréhension mutuelle et la sensibilisation à cette exigence de notre temps.

Parallèlement à cette résolution qui donne à réfléchir, le Conseil de l’AIFI a émis les recommandations suivantes au cours de la même session :

1. Mettre en œuvre la clause n. 4, paragraphe (6) du statut de l’Académie qui prévoit « la création de centres d’études islamiques dans certaines régions importantes en dehors du monde musulman ; la coopération avec les centres existants pour promouvoir les objectifs de l’Académie et suivre de près les publications traitant de l’Islam à l’intérieur de chaque région afin de réfuter les préjugés et les idées fausses ». Les centres d’études islamiques proposés seraient appelés à préparer une étude approfondie sur l’Occident et à définir la stratégie appropriée qu’il incombera aux états et aux peuples musulmans d’adopter pour traiter avec les différents pays occidentaux et avec les autres forces qui influencent les gouvernements et l’opinion occidentale.

2.Etablir la coordination requise avec l’Observatoire créé par l’Organisation de la Conférence islamique pour suivre les questions en rapport avec l’Islam dans les médias occidentaux, s’efforcer de redresser l’image de l’Islam dans le système éducatif occidental, de récuser les idées reçues et de présenter l’Islam sous son véritable jour, en coordination avec l’Académie.

3.Organiser des séminaires et des congrès groupant des intellectuels musulmans et non musulmans afin de promouvoir le dialogue franc et de jeter ainsi des passerelles propices à l’entente et à l’interaction entre les deux parties.

En conclusion, nous supplions Allah de récompenser les dirigeants des États membres de l’OCI pour leur soutien à la résolution de l’ONU, et de récompenser tous les amis de la paix et de la sécurité dans le monde pour leur soutien indéfectible à l’adoption de cette résolution historique.

.La dernière de nos prières est que toutes les louanges soient à Allah, Seigneur des mondes

Prof. Koutoub Moustapha Sano

Secrétaire général de l’Académie Internationale du Fiqh Islamique (AIFI)

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