Le Président de l’Académie Internationale du Fiqh Islamique : l’Islam interdit la violence et l’injustice envers les femmes et appelle à préserver leur dignité et leurs droits
8 September، 2026

Son Excellence Cheikh Dr Salih bin Abdullah bin Humaid, Président de l’Académie Internationale du Fiqh Islamique (IIFA), Imam et Prédicateur de la Grande Mosquée de La Mecque et membre du Conseil des grands oulémas du Royaume d’Arabie saoudite, a affirmé que la charia fonde la vie humaine sur la justice, associe la prospérité des sociétés à la stabilité de la famille et fait de la préservation de la dignité, des droits et du bien-être de l’être humain l’un des principaux objectifs de la charia.

Il a tenu ces propos lors du séminaire international consacré au thème « Le rôle des dirigeants religieux dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes », organisé par l’Académie Internationale du Fiqh Islamique, en coopération avec la Ligue islamique mondiale, le lundi 7 septembre 2026 à Djeddah.

Le Dr Bin Humaid a expliqué que la question de la violence à l’égard des femmes doit être examinée à la lumière des principes de la charia et des enseignements de la Révélation, en établissant une distinction claire entre l’injustice, interdite par Allah, et les dispositions juridiques fondées sur la sagesse, l’intérêt général et la justice. Il a souligné que le Saint Coran condamne fermement toute atteinte portée aux femmes ou tout mauvais traitement à leur égard.

Il a également souligné que l’Islam ne considère nullement la femme comme dépourvue de droits. Au contraire, prendre soin d’elle et préserver ses droits constituent des actes de piété. Il a rappelé la parole du Prophète ﷺ : « Ô Allah, je déclare inviolables les droits des deux catégories vulnérables : les orphelins et les femmes », ainsi que son exhortation lors du Pèlerinage d’Adieu : « Craignez Allah au sujet des femmes, car vous les avez prises comme un dépôt de la part d’Allah et vous vous êtes rendu licite leur union par la parole d’Allah. »

Le Président de l’Académie a insisté sur le fait qu’au sein de la famille musulmane, la femme n’est ni un objet d’exploitation ni une personne dont les droits peuvent être négligés. Elle est un dépôt, une responsabilité et une partenaire liée par le pacte solennel du mariage. Dès lors, toute violence physique injustifiée, toute insulte, humiliation, oppression financière, isolement arbitraire ou atteinte aux droits établis constitue une injustice interdite, qui ne saurait être attribuée à l’Islam ni justifiée au nom de la charia.

Il a mis en évidence la nécessité de corriger certaines conceptions erronées apparues dans le discours contemporain sur la violence à l’égard des femmes, notamment lorsque des termes et des définitions issus de cadres ou de conventions internationales sont transposés aux règles juridiques islamiques sans tenir compte des fondements et des références propres à ces deux cadres.

Le Cheikh Dr Bin Humaid a précisé que l’enjeu ne réside nullement dans le fait de s’opposer à la lutte contre la violence et l’injustice. Il s’agit plutôt d’éviter d’élargir la définition de la violence au point d’y inclure toute différence de rôles ou de dispositions juridiques, ou encore de considérer toute distinction légitime entre hommes et femmes comme une forme de discrimination interdite.

Il a expliqué que la charia ne vise pas à abolir les différences naturelles et fonctionnelles entre les hommes et les femmes et qu’elle ne considère pas les différences de responsabilités comme des critères de supériorité en matière de dignité humaine. Hommes et femmes sont égaux dans leur dignité humaine fondamentale et dans leur responsabilité morale, même si certaines dispositions et responsabilités peuvent différer en fonction de la sagesse qui les sous-tend, de la nature des rôles et des obligations sociales.

Abordant la question de la qiwāma (responsabilité et prise en charge au sein de la famille), il a souligné qu’elle ne saurait être assimilée à une domination ou à une autorité illimitée. Elle constitue au contraire une responsabilité qui implique la prise en charge financière, l’attention, la protection et la redevabilité.

Citant le verset coranique : « Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde aux uns sur les autres, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens », il a expliqué que lorsque la qiwāma se transforme en oppression, elle cesse de correspondre à son véritable sens islamique. De même, lorsque la responsabilité se mue en tyrannie, celui à qui elle a été confiée trahit le dépôt dont il devra répondre devant Allah et devant la loi.

Concernant la tutelle matrimoniale, le Dr Bin Humaid a souligné que la présenter comme une privation de la capacité juridique de la femme dénature la conception islamique de cette institution. La tutelle a été instituée pour protéger les droits, prévenir les préjudices et empêcher l’exploitation, tout en affirmant le droit de la femme à donner son consentement, à choisir son époux et à refuser tout mariage auquel elle n’adhère pas.

Il a également expliqué que les enseignements islamiques relatifs à la pudeur, à la chasteté et à la préservation de l’honneur ne doivent pas être dissociés de leurs finalités et de leurs bienfaits sociaux pour être présentés comme des restrictions imposées aux femmes. Ils visent plutôt à préserver leur dignité, à protéger la société contre l’exploitation et les abus et à promouvoir une conduite pudique auprès de tous ses membres.

Abordant la question des mesures disciplinaires en cas de nushūz (discorde conjugale), il a insisté sur la nécessité de l’examiner dans son contexte coranique et jurisprudentiel, sans l’utiliser comme justification de la violence domestique. Il a expliqué que le Coran ne présente nullement cette disposition comme un droit illimité accordé aux maris, mais l’inscrit dans un cadre précis et après une succession de mesures graduelles.

Il a ajouté que les enseignements prophétiques et la jurisprudence islamique établissent des restrictions claires destinées à empêcher que cette disposition ne se transforme en agression ou en acte de vengeance. La Sunnah interdit notamment les coups sévères, le fait de frapper le visage ou de viser des parties du corps susceptibles de provoquer des blessures. Il ne s’agit pas de nuire ou de causer de la douleur, mais d’exprimer, dans un cadre strictement limité et exceptionnel, une désapprobation sérieuse.

Le Cheikh Dr Bin Humaid a souligné que le modèle prophétique le plus élevé consiste précisément à éviter autant que possible le recours à de telles mesures, en privilégiant la bonté, la patience, la tolérance et le bon comportement. Il a cité les paroles du Prophète ﷺ : « Ne frappez pas les servantes d’Allah », puis : « Ceux qui le font ne sont pas les meilleurs d’entre vous. »

Il a également rappelé le témoignage de ‘Aïcha, qu’Allah l’agrée, qui a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ n’a jamais frappé de sa main, ni une femme ni un serviteur, sauf lorsqu’il combattait pour la cause d’Allah. » Il a affirmé que cet exemple prophétique constitue le cadre de référence à travers lequel les textes connexes doivent être compris, loin de toute lecture sélective, de toute exagération ou de toute tentative de justifier l’injustice.

Le Président de l’Académie a souligné que l’Islam n’a pas établi le mariage comme un espace de conflit, mais comme une relation fondée sur la sérénité, l’affection et la miséricorde. Il a cité à cet égard les versets coraniques : « Et parmi Ses signes, Il a créé de vous, pour vous, des épouses afin que vous viviez en tranquillité auprès d’elles, et Il a mis entre vous de l’affection et de la miséricorde », ainsi que : « Comportez-vous convenablement envers elles. »

Il a expliqué que la vie conjugale fondée sur la bienveillance n’est pas une simple formule, mais un engagement moral qui se traduit par la conduite, la patience, la noblesse d’âme et la qualité du comportement. La Sunnah prophétique encourage la douceur, la compréhension de la nature humaine, la conquête des cœurs et la patience face aux faiblesses humaines.

Le Cheikh Dr Bin Humaid a rappelé la parole du Prophète ﷺ : « Le meilleur d’entre vous est celui qui est le meilleur avec sa famille, et je suis le meilleur d’entre vous avec ma famille. » Il a observé que si une personne peut faire preuve de bonnes manières en public, le véritable révélateur du caractère se manifeste au sein du foyer, là où ne subsistent ni apparence ni formalisme.

Il a insisté sur le fait que, dans la conception islamique, le foyer n’est pas une arène où s’exerce le pouvoir, mais un espace de sérénité, de miséricorde et d’excellence morale. La véritable force, a-t-il souligné, ne réside pas dans la capacité de nuire à autrui, mais dans la maîtrise de soi.

Le Président de l’Académie a réaffirmé que la charia est exempte de toute forme d’injustice commise en son nom, tout comme elle ne saurait être réduite à des concepts importés qui méconnaissent les fondements propres à la vision islamique du monde.

Il a déclaré : « Tout comme la défense des femmes ne doit pas devenir un prétexte pour ébranler la famille, la défense de la famille ne doit jamais devenir un prétexte pour opprimer les femmes. » Il a ajouté qu’une injustice ne peut être réparée par une autre injustice et qu’une déviation ne saurait être corrigée par une autre déviation.

Le Cheikh Dr Bin Humaid a appelé à apprécier la position de l’Islam à l’égard des femmes à la lumière des enseignements de la Révélation, de l’exemple du Prophète ﷺ et des finalités de la charia, plutôt qu’à travers les erreurs de certains musulmans, les pratiques culturelles contraires à l’Islam ou des présupposés qui assimilent toute divergence par rapport à un modèle culturel donné à une forme de violence ou de discrimination.

Il a souligné que les savants et les dirigeants religieux portent, à cet égard, une responsabilité majeure, notamment dans les domaines où les règles islamiques se conjuguent avec les coutumes sociales et où se croisent les références religieuses, culturelles et juridiques. La société a besoin, a-t-il indiqué, d’une voix savante solidement ancrée dans ses principes, capable d’associer l’attachement ferme aux fondements islamiques à une compréhension éclairée et équilibrée des réalités contemporaines.

Il a insisté sur le fait que les dirigeants religieux ne doivent ni rester silencieux face aux injustices réelles qui surviennent dans certains foyers, ni adopter sans discernement des définitions extérieures simplement parce qu’elles se sont largement répandues dans le discours international.

Il a également souligné qu’il incombe aux savants et aux institutions académiques de distinguer les dispositions de la charia des pratiques culturelles que l’Islam n’approuve pas, tout en veillant à clarifier les concepts et la terminologie. De nombreux malentendus, a-t-il relevé, résultent en effet de termes ambigus qui servent ensuite de fondement à des généralisations.

Le Dr Bin Humaid a affirmé que la lutte contre la violence ne doit pas conduire à mettre en cause la charia, mais plutôt à revenir à ses principes, car celle-ci interdit l’injustice, proscrit le préjudice, ordonne le bon comportement et garantit aux femmes leurs droits financiers, familiaux et humains.

Il a appelé les institutions académiques, les universités, les organismes de fatwa, les académies de fiqh, les prédicateurs et les savants religieux à jouer un rôle plus actif dans l’édification d’une conscience familiale saine, en clarifiant les droits et les responsabilités, en préparant les futurs époux, en corrigeant les conceptions erronées et en promouvant un discours susceptible de préserver les familles de la désintégration avant que les conflits n’atteignent les tribunaux ou les instances de médiation.

Il a également exhorté les institutions scientifiques à renforcer leur coopération avec les institutions sociales, judiciaires et éducatives afin de traiter les cas réels de violence et de construire un discours commun qui préserve la dignité et les droits des femmes, tout en protégeant l’identité de la famille et son cadre de référence islamique.

Le Président de l’Académie a conclu en soulignant que le rôle des dirigeants religieux consiste à préserver les principes islamiques de toute altération, à protéger les personnes contre l’injustice, à préserver les familles de la désintégration et à maintenir le discours religieux à l’abri aussi bien de l’extrémisme que de l’assimilation aveugle.

Il a souligné que la communauté musulmane n’a besoin ni d’un conflit entre les hommes et les femmes ni d’une confrontation entre la religion et les droits. Elle a plutôt besoin de rétablir un équilibre fondé sur la justice. L’Islam établit les relations entre les hommes et les femmes sur des principes de sérénité, d’affection et de miséricorde, en assurant un équilibre entre les droits et les responsabilités, sous l’égide de la justice.

En conclusion, son excellence Le Cheikh Dr Bin Humaid a affirmé que protéger les femmes contre l’injustice et préserver les familles de la désintégration ne constituent pas des objectifs concurrents, mais des finalités complémentaires de la charia et des intérêts essentiels de la société. Lorsque les dirigeants religieux assument cette responsabilité avec sagesse et clairvoyance, le discours public peut dépasser la simple réaction pour s’orienter vers la sensibilisation, la prévention des préjudices avant leur apparition et le renforcement des individus, des familles et des communautés, conformément aux enseignements de la Révélation et aux finalités supérieures de la charia, fondées notamment sur la dignité humaine, la justice, la miséricorde, la responsabilité et l’interdiction de l’oppression et de l’agression.

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